Le torticolis

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Le torticolis est souvent associé aux déformations positionnelles.
Les chiffres médicaux parlent de 30 % à 40 % des nouveau-nés qui auraient un torticolis, et de son côté, Cranial Technologies dit que 80% des enfants qu’ils ont appareillés présentaient un blocage du cou ou un torticolis.

C’est donc bien quelque chose de fréquent et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de lui consacrer une rubrique. Il est reconnu qu’un torticolis non traité ou traité sur le tard peut engendrer des déformations de la tête ainsi que d’autre soucis sur le corps de l’enfant, et il est important qu’il soit traité dès les premières semaines de vie ou dès qu’il est diagnostiqué. Plus tôt il sera pris en charge, meilleure sera la récupération, comme pour beaucoup de choses.

Qu’est-ce qu’un torticolis ?

torticolisBDLe torticolis se caractérise par une position de la tête inclinée du côté d’une épaule, avec une rotation du côté de l’épaule opposée.

Le torticolis du nouveau-né est divisé en deux catégories :

Le torticolis musculaire congénital (TMC) et le torticolis congénital.

Le torticolis musculaire congénital (TMC) :
Ce torticolis est la forme la plus fréquente. Il se développe dans les premiers jours ou semaines de vie du bébé et il est causé par la contraction d’un muscle du cou, le sterno-cléido-occipito-mastoïdien (SCOM).

La tête du bébé est inclinée du côté du muscle tendu. Il est souvent observé la présence d’une petite masse fibreuse (de la taille d’une olive) sur le muscle en tension.
Cette « olive » disparaît normalement d’elle-même entre le 6e et 12e mois de vie de bébé, et le torticolis (TMC) également doit régresser de lui-même dans 75 % avant l’âge de 8 mois.

Il est important de retenir que 25 % des bébés qui ont un torticolis (TMC) auront besoin de soins, et il est important que ces soins aient lieu le plus tôt possible afin de réduire les risques d’anomalies causées par les tensions reliées aux torticolis.

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Le torticolis congénital : 
Celui-ci est plus rare. Il est associé à certaines malformations de naissance (malformations congénitales). On peut noter ceci :

  • un déséquilibre des muscles du cou (absence congénitale unilatérale du SCOM);
  • une malformation osseuse (fusion de vertèbres du cou);
  • un déplacement des vertèbres du cou (subluxation congénitale cervicale);
  • une anomalie du système nerveux causé par une tumeur ou une malformation nerveuse (paralysie neurologique ou oculaire).

Cette forme de torticolis ne régresse pas d’elle-même, il lui faut obligatoirement des soins pour permettre de résorber le problème, et il est souvent nécessaire d’effectuer des examens médicaux spécialisés (imagerie médicale).

Les conséquences du torticolis : 

Il est reconnu qu’un torticolis non traité peut entraîner certaines anomalies, voici les plus connues :

  • une déformation du visage (asymétrie faciale);
  • une déformation de la tête (plagiocéphalie);
  • un trouble de la vision (troubles fonctionnels oculaires);
  • une déformation de la colonne vertébrale (scoliose cervico-thoracique);
  • Il est constaté dans de nombreux cas, que le torticolis peut occasionner d’autres anomalies (asymétries musculo-squelettiques) qui affectent l’ensemble du corps du bébé, en particulier le bassin et la colonne vertébrale.

(Lorsque le corps du nouveau-né est soumis à des tensions situées au niveau du cou, de la tête et à l’épaule, on remarque que le bassin à tendance à se rapprocher du côté où la tête est inclinée pour soulager la tension musculaire du cou causé par le torticolis).

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Quelles sont les causes du torticolis ? 

  • La cause la plus souvent citée par les spécialistes est en lien avec une position anormale du bébé in utero, qui occasionne des tensions sur le cou (les vertèbres cervicales) et la tête du bébé.
    Il est fréquent de voir des torticolis sur des bébés ayant eu la position « en siège ».
  • Les manipulations faites sur la tête et le cou du bébé lors de l’accouchement ont souvent été mises en lien avec ce phénomène, tout comme l’utilisation d’instruments lors de l’accouchement.

Comment évaluer un torticolis ?

Il existe trois mesures pour déterminer le degré de sévérité du torticolis :

  • La position de la tête (attitude d’inclinaison)
  • L’amplitude du mouvement de rotation de la tête vers la droite et la gauche.
  • L’amplitude du mouvement d’inclinaison de la tête vers l’épaule droite et l’épaule gauche

L’inclinaison : 

Cette mesure d’évaluation s’effectue lorsque le bébé est allongé sur le dos, en mesurant le degré d’inclinaison de la tête vers l’épaule.

  • 0 à 15 degrés : attitude d’inclinaison légère
  • 15 à 30 degrés : attitude d’inclinaison moyenne
  • 30 à 45 degrés : attitude d’inclinaison sévère

L’amplitude de rotation

L’amplitude du mouvement de rotation normale de la tête du centre vers la droite (ou vers la gauche) est de 90 degrés. On mesure la sévérité de limitation de cette amplitude de mouvement selon les degrés de restriction :

  • 0 à 30 degrés de restriction : raideur légère
  • 30 à 60 degrés de restriction : raideur moyenne
  • 60 à 90 degrés de restriction : raideur sévère

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Exercices et conseils de positionnement

Des exercices d’étirements doux et des conseils de positionnement doivent être effectués (par un professionnel) en plus des soins pour résorber le torticolis. Il est important également d’apprendre aux parents à stimuler l’enfant pour travailler sur le côté qui pose souci.

Les exercices et le positionnement doivent être pratiqués jusqu’à ce que le degré de limitation des mouvements de la tête et la position globale du corps du bébé se rapproche de la normalité.
Vidéo montrant l’importance des exercices et de la stimulation du bébé pour soigner le torticolis : ici

Attention : Aucun ajustement articulaire rapide ou avec force n’est pratiqué sur les vertèbres du cou ou toutes autres parties du corps du nouveau-né. Il est important de consulter votre kinésithérapeute et/ou votre ostéopathe (ces deux professionnels sont complémentaires dans les soins à apporter à votre bébé), afin de soigner ce torticolis dès qu’il est détecté.

Bon à savoir

Il est important de vous signaler qu’il n’est pas nécessaire d’attendre qu’un torticolis soit complètement soigné avant de traiter une déformation crânienne qui aurait pu se créer suite à ce souci, au contraire.

En effet, en fonction du torticolis, les soins de celui-ci peuvent nécessiter de plusieurs semaines à plusieurs mois, voire dans les cas les plus lourd un à deux ans. Les déformations crâniennes, elles, ne bénéficient pas d’autant de temps pour être prises en charge.

L’enfant présentant une déformation crânienne doit être soigné dès que c’est détecté. Et quand celui-ci arrive à un âge proche des six mois avec une déformation arrivant au stade modéré, alors l’orthèse doit être envisagée, y compris si il y a un torticolis. Un traitement de la déformation doit être effectué idéalement le plus tôt possible et au maximum sur une période allant de l’âge de 5 mois à l’âge de 18-20 mois environ. Equiper d’une orthèse n’empêche en rien de soigner un torticolis en parallèle, au contraire, et beaucoup d’enfants sont dans ce cas.

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